lundi 25 mai 2009

Partout en Europe, refusons de payer leur crise!













Aux élections européennes, il faut faire entendre une autre voix à gauche, résolument anticapitaliste.


La campagne des européennes va se résumer à sa dernière ligne droite. Tous les observateurs notent le désintérêt pour ce scrutin traditionnellement peu mobilisateur. Ce qui est en cause, c'est une construction européenne opaque, obsédée par le fric, n'envoyant aux peuples que de mauvaises nouvelles, ne protégeant de la crise que les capitalistes. L'autre raison en est sans doute la décision du pouvoir, qui tient les grands médias, d'organiser la campagne la plus courte possible pour favoriser l'abstention et éviter que la colère sociale ne s'invite dans les urnes.

Preuve que, décidément, le NPA doit gêner, les coups à son encontre pleuvent. « Violents », assène la droite alors que c'est elle qui en fait la preuve au quotidien en maniant la matraque contre le mouvement social. « Rapaces », accusent les Chérèque (CFDT) et Mailly (FO), qui feraient mieux de réserver leur énergie contre le Medef. « Inutiles », bégaye le Parti socialiste qui appelle piteusement au vote « utile », alors qu'il vote avec la droite 97 % des textes du Parlement européen.

Certains en rajoutent et brocardent le NPA, qui serait en perte de vitesse ou tellement occupé par les luttes sociales qu'il en négligerait les européennes. Le NPA rejette la séparation artificielle qui voudrait que le social se résume à la rue, et la politique aux institutions. La campagne des européennes se situe dans le prolongement du combat que ses militants mènent au quotidien. Son programme montre comment faire payer la crise au capitalistes, en organisant par exemple l'interdiction des licenciements ou la hausse des salaires, des pensions de retraite, des minima sociaux à l'échelle de toute l'Europe. Il défend une Europe qui donne l'exemple dans la lutte contre le réchauffement climatique, en rompant avec le productivisme, en changeant les choix énergétiques, en réorganisant les transports.

Face à la vie chère et aux licenciements, des millions de travailleurs et de jeunes sont tentés par l'abstention. Ce n'est pas le bon choix. Pour protester utile, il faut protester fort, clair et net. Il faut voter pour les listes du NPA ! Trois mois après sa création, il faut lui donner des élus, pour marquer sa dynamique et sa progression, pour aider à la construction d'un parti anticapitaliste européen, pour être les oreilles et la voix de la population.

Le NPA va jeter tous ses forces dans cette campagne. Et cela va se voir, dans les quinze jours qui viennent, sur les murs, dans les boîtes aux lettres, sur les marchés, dans les quartiers populaires, dans les villages, aux portes des entreprises.

samedi 23 mai 2009

Le NPA soutient les salariés en lutte et Jeudi-Noir !











Leur Europe n'est pas la nôtre !














L'UMP qui fait mine de fustiger « le dumping social et fiscal » et « les technocrates de Bruxelles », tandis que le PS affirme défendre une « Europe protectrice » contre « l'Europe libérale »…

On croit rêver ! Ce qui est sûr en tout cas, c'est que les uns et les autres ont, dans cette campagne, le plus grand mal à se différencier sur le plan des propositions, du programme. Et pour cause, puisque leur Europe est la même : ils sont coresponsables de ce qu'est l'Union Européenne et ils la dirigent ensemble.
Ensemble, la droite et le PS ont élaboré et soutenu le traité de Maastricht, qui a « éliminé les obstacles à la libre circulation des capitaux », c'est-à-dire tout ce qui pouvait freiner un peu la spéculation, les délocalisations, les privatisations de services publics, pour laisser le champ entièrement libre à « la concurrence libre et non faussée ». Ensemble et avec aussi le Modem et les Verts, l'UMP et le PS ont ratifié le traité de Lisbonne, copie conforme du traité constitutionnel européen que le peuple avait rejeté en 2005. Autre illustration de cette cogestion néolibérale, sur 535 votes intervenus en 2008 au Parlement européen, dans 525 cas (97 %) l'UMP et le PS ont voté de façon identique !
Le théâtre d'ombres des débats en trompe-l'œil entre des partis qui sont d'accord sur l'essentiel ne renforce certes pas l'intérêt pour ces élections à un Parlement aux pouvoirs par ailleurs très limités. Et beaucoup dans les classes populaires pensent aussi que puisque quand on donne notre avis, il n'est pas pris en compte, autant ne pas aller voter…


Contre Sarkozy, le Medef et leur Union européenne
Pour une Europe démocratique des travailleurs et des peuples


Il y aura pourtant une possibilité de dire assez de cette Europe des actionnaires qui organise la concurrence de tous contre tous ; d'adresser un avertissement à Sarkozy et au Medef ; de signifier que la crise du capitalisme doit être payée par les capitalistes eux-mêmes, pas par les travailleurs et les pauvres ; de dire aussi qu'il faut une autre Europe que cette construction antidémocratique au service exclusif du patronat et de la finance.
Les politiques publiques doivent mettre au centre la satisfaction écologique des besoins sociaux. Il faut instaurer un salaire minimum dans chaque pays européen, équivalent en pouvoir d'achat à 1500 euros nets en France ; stopper et inverser les privatisations, construire des services publics européens dans tous les secteurs clés de l'économie ; réunifier les banques dans un service public unique, placé sous le contrôle des salariés et de la population. Il faut en finir avec tous les traités et institutions de l'Union Européenne et engager un processus constituant global, contrôlé démocratiquement par les populations elles-mêmes.
En votant NPA, vous pouvez porter au parlement européen des candidat-e-s soutenant sans restriction toutes les luttes des salariés et de la jeunesse, des militant-e-s qui mettront leur mandat au service de la défense de ces luttes ainsi que de leur nécessaire coordination au niveau européen.

Le 7 juin, ne vous abstenez pas d'exprimer votre colère, votez pour les listes présentées par le NPA

Pas question de payer leur crise !

Olivier Besancenot et les salariés de Célanèse : quand les médias désinforment


















Olivier Besancenot est venu mardi 19 mai apporter son soutien et celui du NPA aux ouvriers de Célanèse, ayant fait le voyage du Béarn jusqu’à Paris pour manifester devant l’Assemblée nationale contre le plan de licenciements dont ils sont l’objet.

Invité par la CGT et bien accueilli par les salariés comme le montre cette vidéo (mais les médias dominants n’ont bien sûr pas repris ces images), il s’est vu « alpaguer » par un individu, que l’ensemble des journalistes ayant fait de cette « altercation » un « événement médiatique » ont présenté comme un ouvrier de Célanèse. Il s’agissait en fait, on le sait maintenant, d’un militant socialiste qui n’est pas salarié de l’entreprise. Bien évidemment, cette « affaire » a essentiellement un caractère politique. A la traîne dans les sondages d’opinion (qui leur importent bien davantage que de définir une politique juste pour des millions de travailleurs), le PS tente – par une manœuvre pathétique – de délégitimer ce qu’il semble considérer comme un adversaire important : le NPA. Il est vrai qu’il y a bien peu à attendre d’un parti qui a témoigné de son « utilité » au Parlement européen en votant avec la droite dans 97% des cas en 2008.

Mais ce qui doit également nous intéresser dans cette « affaire », c’est l’extrême célérité avec laquelle les grands médias ont relayé cette combine pathétique, et la manière dont ils ont présenté et relaté les faits. De France 2 à iTélé en passant par Le Figaro (dont on n’attendait pas autre chose), tous ces médias présentent – sans vérification, par exemple auprès de l’intersyndicale ou des salariés eux-mêmes – le militant socialiste venu accompagné d’une conseillère municipale PS de Pau comme un ouvrier de Célanèse. Bien entendu, aucun de ces médias n’a pris la peine d’informer ses téléspectateurs ou ses lecteurs – le lendemain, lorsqu’est paru le communiqué de la section CGT de l’usine – qu’il ne s’agissait pas d’un salarié en colère contre Olivier Besancenot mais bien d’un militant PS en désaccord avec les choix politiques du NPA. Comment se fait-il que les médias dominants, qui disposent d’un pouvoir de consécration et de stigmatisation dont ils aiment à croire qu’il est infini, ne sont jamais contraints de répondre de leurs prises de position, notamment lorsque leur traitement de l’actualité révèle des erreurs – pour ne pas dire des mensonges – aussi manifestes ?

Un autre « enseignement » de cette histoire doit être relevé à l’attention de ceux, notamment du côté du PS ou du PCF, qui font d’Olivier Besancenot le « jouet de Sarkozy » ou le « chouchou » des médias. Cela fait des mois que ces derniers, par la voix de leurs intervieweurs et éditorialistes « vedettes », ont pris pour cible le NPA. Souvenons-nous d’Arlette Chabot enjoignant Olivier Besancenot, lors d’une émission sur la crise, de s’excuser auprès de Mme Besse pour les actes commis par Action directe. Rappelons-nous comment Jean-Michel Apathie (sur RTL) et Thierry Guerrier (sur France 5) ont très récemment accusé le même Besancenot de « violence » parce que celui-ci avait traité de « chiens » des patrons licencieurs qui ont menti à leurs salariés depuis des mois (ceux de Caterpillar en l’occurrence). Gardons enfin en mémoire la campagne médiatico-politique qui a pris pour cible l’extrême-gauche, aussi bien LO que le NPA d’ailleurs, les accusant de manipuler en sous-main les travailleurs qui se révoltent contre le sort qui leur est fait (comme si ces derniers étaient incapables de s’organiser eux-mêmes). Comme on dit : « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ».


Les socialistes pètent un câble














Décidément, quand les dirigeants du PS perdent leur sang froid, ils utilisent des méthodes d'un autre âge.

Paniquée par la concurrence exercée sur sa gauche, entre autres par le NPA, Martine Aubry ment carrément, annonçant que les listes qui ne franchiront pas les 10 %... n'auront aucun élu. Vincent Peillon enfonce le clou, appelant au vote utile en expliquant que le NPA est..." inutile".

Comme si une Europe de droite et une Europe dominée le PS, ça changeait radicalement les choses : 97 % des votes au Parlement sont communs à la droite et à la gauche ! Pour que cela change, est-ce bien utile de réélire les députés du PS qui votent en permanence avec la droite ?

Et la cerise sur le gâteau, c'est quand un militant du PS se fait passer pour un salarié de Célanèse afin d'interpeller brutalement notre camarade Olivier Besancenot, invité par la CGT à soutenir la manif contre les licenciements devant l'Assemblée Nationale, le tout devant des caméras complaisantes. Pain béni pour certains médias qui cherchent à nuire au NPA. L'info a fait le tour du PAF, ce qui a entraîné la réaction suivante de la CGT de Celanese (voir ci-après) et la mise au point d'une journaliste du Monde ici : http://europeennes.blog.lemonde.fr/2009/05/21/trompeuse-altercation-entr...

Si seulement le PS était aussi imaginatif et actif dans la bataille contre la droite et le Medef...

Du côté du NPA, en ce moment, c'est un peu notre fête... Comme quoi, on embête du monde. Mais nous sommes là. Et bien là.

Rien ne nous empêchera de poursuivre le combat, n'en déplaise à tous ceux qui nous insultent et qui préfèrent descendre dans le caniveau plutôt que de s'inscrire dans le débat démocratique contradictoire.

Communiqué de presse de la CGT Célanèse

Déplacement à l'Assemblée Nationale des salariés de Célanese

Le mardi 19 mai 2009 des salariés de Celanese et de Yara se sont déplacés sur Paris pour une manifestation à l’Assemblée nationale. Environ 150 personnes étaient présentes. Sous l’invitation de la CGT Celanese, M. Olivier Besancenot est venu nous rendre visite pour parler avec nous de nos problèmes.

Nous tenons à préciser que le mauvais accueil qui lui à été fait en début de sa visite n’était pas le fait des salariés de Celanese, mais d’un participant à la manifestation totalement indépendant de l’usine Celanese et membre du Parti socialiste de la section d’Artix (Pyrénées Atlantique).

Nous regrettons fortement la médiatisation du ce fait isolé qui a en plus occulté le vrais problème, qui est la fermeture de notre usine chimique viable, rentable et nécessaire pour la France et pour l’Europe.

Les salariés de Celanese ont quand même pu discuter de tous ces problèmes pendant près d’une heure avec M. Olivier Besancenot, et nous le remercions très fortement de sa contribution à la lutte des ouvriers de Celanese.

Le 20 mai 2009.


26 mai, décentralisation ou émiettement ?














Comment se prépare la journée du 26 mai décidée par l’intersyndicale nationale ? L’inquiétude domine.

L’intersyndicale nationale (CFDT, CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, Unsa) appelle « à faire du 26 mai une journée de mobilisations décentralisées », « en fonction des réalités locales ». Mais la question est de savoir si on va passer de la « décentralisation » à l’émiettement du processus engagé depuis janvier, porteur de mobilisations interprofessionnelles et de luttes prolongées en attente de convergences (énergie, santé, chercheurs, licenciements…). L’inquiétude est réelle. L’appel à la grève nationale des cheminots (CGT, SUD, CFDT, Unsa) peut-il apporter une visibilité nationale ? Ou encore les appels CGT et Snui (Solidaires) à la grève au ministère des Finances, ainsi que les préavis à La Poste, et dans la fonction publique territoriale ? Les plus combatifs se battent à juste titre pour la grève. Mais le cadre national, résultat d’un compromis laborieux, tire maintenant en arrière. La CGT, dans une note aux syndicats, ne cache pas les « difficultés », mais n’y répond que par une pétition contre le travail du dimanche, ou des « piques-niques ». Les manifestations annoncées sont rares. A Paris, il est prévu « une conférence de presse » devant le siège du Medef (NVO du 15 mai), mais à Marseille, il y a un appel à manifester « sur le vieux port ».

Dans ces conditions, les provocations du pouvoir et du patronat continuent : pourquoi s’en priveraient-ils ? Ainsi, dès l'annonce du 26 mai, Matignon surenchérissait sur la destruction d’emplois dans la fonction publique : 34 000 postes en moins en 2010, après les 30 500 de 2009. Mais seules la CGT, FSU et Solidaires étaient pour la grève dans l’intersyndicale fonction publique. De même, le rapport Cotis sur le partage de la valeur ajoutée (TEAN du 14 mai), très discutable sur la part des salaires, montre quand même l’insolente montée des super-salaires, qui justifierait des revendications claires. Et partout les licenciements pleuvent, les entreprises ferment, les petites comme les grandes ; qui font davantage l’actualité (Caterpillar, Continental). Les organisations syndicales ont pris conscience de leur retard revendicatif et décidé de préciser leur texte inconsistant de janvier, mais cela n’aboutira que fin mai, au mieux.

Dans ces conditions, quelques départements se distinguent en préparant des appels à la grève unitairement, comme la Seine-Maritime, le Calvados, le Morbihan ou la Haute-Loire (« Tous en grève et dans la rue »). Dans celui-ci, FO s’est pourtant dissociée, alors que nationalement la confédération reproche aux autres de refuser une grève de 24 heures ! Jo Chapuis (union départementale de la CGT-Haute-Loire) ne cache pas que la journée ne reproduira pas les mêmes scores de manifestants que le 19 mars. Le tract d’appel met en exergue la liste des entreprises qui licencient « dans tous les secteurs : métaux, papier carton, agro-alimentaire (avec une fromagerie toute neuve qui ferme) ». Les salariés « ont le dos au mur ». Selon lui, deux revendications « claires » mériteraient d’être mises en avant dans l’intersyndicale nationale qui planche sur une plateforme plus précise : « zéro licenciement » et les « 200 euros ». Solidaires met nationalement en avant quatre thèmes, dont « l’interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits et la mise en place d’un statut du salarié », et les 300 euros. Il faut espérer que quelques-unes de ces pistes émergeront dans le front unitaire.


Chômage et précarité : des états généraux réussis








Les 16 et 17 mai, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), les états généraux du chômage et de la précarité ont réuni environ 150 participants et une trentaine d'organisations.

Des délégations d'entreprises en lutte étaient présentes (CGT-Tyco, CGT et CFDT-Caterpillar) aux états généraux du chômage et de la précarité. Cette participation des salariés, bien que modeste, a permis de créer des liens durables, primordiaux pour la convergence des mobilisations.

A l'issue de ce rendez-vous, une déclaration a été adoptée, appelant « tous ceux qui ne se résignent pas, les salariés se battant pour leur emploi, les chômeurs, pour obtenir un revenu suffisant et un emploi, toutes les organisations du monde du travail, à s’unir ». Elle réclame une loi contre les licenciements. Un ensemble de revendications a été défini et un cadre de mobilisation a été fixé pour les mois à venir, avec notamment « l'organisation de marches régionales contre le chômage, les licenciements et les précarités, aboutissant dans les grandes villes de France, le 5 décembre prochain ». Ces marches ont vocation à rassembler les chômeurs et les précaires, les salariés menacés de licenciements, ainsi que les mouvements de mal-logés.

A l'heure actuelle, la CGT n'est pas partie prenante des marches, mais la participation de Maryse Dumas aux états généraux a permis d'ouvrir un espace de discussion. La préparation du congrès confédéral CGT, qui a lieu la semaine suivante (du 7 au 13 décembre), sera une bonne occasion de faire écho aux revendications des chômeurs, en défendant la jonction salariés en lutte/chômeurs. Soulignons la présence aux EGCP de militants de la CGT-Chômeurs, bien que la structure nationale soit absente. S'agissant de la plus importante structure organisant les privés d'emplois en France, il est plus que souhaitable qu'elle se joigne à cette initiative. AC!, Apeis, Solidaires, la CNT soutiennent cette initiative, dans l'attente d'être rejointes par d'autres organisations.

Les EGCP invitent « les chômeurs, précaires, salariés, du jeune au retraité, à rédiger ensemble des cahiers de doléances regroupant nos exigences pour la période actuelle », dans le cadre d'assemblées unitaires rassemblant les organisations impliquées dans la préparation des marches, et les chômeurs et précaires, dans un cadre dynamique. Par ailleurs, chaque fin de mois, les EGCP appellent à multiplier les actions coups-de-poing.

Ces EGCP ont donc permis d'impulser une série de perspectives qui peuvent avoir un réel écho si elles se concrétisent. Le mouvement des chômeurs et précaires, en perte de vitesse ces dernières années, a peut-être enfin l'opportunité de repartir du bon pied, sur des bases unitaires. Le NPA a un rôle moteur à jouer dans la poursuite de la convergence entre les luttes des salariés menacés de licenciement et celles des chômeurs. Sa commission « Précarité » a été très efficace (tenue d'une table de presse, distribution d'un quatre-pages, présence dans l'ensemble des ateliers et dans l'organisation). Vingt et un camarades du NPA venus de la région parisienne, de Toulon, Angoulême, Lille et Bordeaux ont participé aux débats.

La commission « Précarité » du NPA

EDF GDF SUEZ : huit semaines de grève








Alors que les salariés d'ERDF/GRDF et EDF-SA sont entrés dans leur huitième semaine de grève et d’actions, il aura fallu une petite action « coup de poing » pour faire frémir les médias et les dirigeants.

Que s’est-il passé au siège de l’Unémig (le patronat du gaz), jeudi 14 mai, pour justifier l’arrestation et la mise en garde à vue de 74 salariés, dont plusieurs responsables de la CGT ? Quelques papiers passés par la fenêtre, des bureaux déplacés, des cadres qui se font vertement engueulés par des salariés excédés du silence méprisant de leur direction, qui refuse toujours l'ouverture de négociations de branche sur les salaires. La belle affaire ! Voilà toute la violence réinterprétée par la presse aux ordres.

Il faut le dire et le redire : les patrons de la branche énergie sont des casseurs et ils le savent. Ce sont eux les pilleurs du service public. Ils jouent au Monopoly international en se lançant dans des opérations catastrophiques. Ce sont des casseurs d’emplois: avec la libéralisation du secteur ils en ont supprimé par milliers. Ils cassent les missions de service public. Ils font semblant d’être scandalisés par les coupures pour fait de grève mais ils ne disent rien sur le temps des coupures qui explose. En Vendée, par exemple, les coupures de courant de plus de six heures sont passées de 200 à 27000 entre 2004 et 2007; en Île-de-France, les temps d’intervention sont, eux, passés de 45 minutes à 1h50.

De plus, ces voyous n’hésitent pas à fliquer Greenpeace et le réseau Sortir du nucléaire par des officines privées (c’est leur conception du débat démocratique). Pour finir, ils se sucrent par des augmentations de salaires indécentes, tout en expliquant qu’ils ne peuvent accorder plus de 0,3 % d’augmentation aux salariés de leurs entreprises. C’est le passage d’une entreprise publique à une entreprise néolibérale qui est en échec et qui est profondément rejeté par l’ensemble des salariés. Ces gens-là n’ont donc aucune leçon à donner, la lutte des salariés d'ERDF/GRDF est parfaitement légitime.

Les militants syndicaux, les salariés en lutte tiennent malgré toutes les pressions. Après les dizaines de convocations avec menaces de sanctions, ils ont été convoqués en référé afin de faire lever les piquets de grève devant les centrales nucléaires. Mais rien n’y fait, et plus personne n’imagine arrêter ce mouvement sans avoir obtenu de substantielles avancées sur les revendications.


Hôpital : onde de choc












Au prix de quelques concessions de forme, Nicolas Sarkozy espérait en finir avec la contestation du projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires », et pouvoir faire adopter rapidement ce texte. Mais cela risque d’être plus compliqué que prévu.

La journée du 14 mai a montré que l’opposition à la loi Bachelot n’était pas un « mouvement d’humeur » passager, mais une « onde de choc », dont les effets sont loin d’être épuisés. Des délais de préparation trop courts, l’opposition de plusieurs organisations syndicales à un appel clair à la grève et à une manifestation nationale n’ont pas permis de franchir une nouvelle étape dans la mobilisation. Mais le mouvement est enraciné; en même temps, une clarification s’opère en son sein.

La manifestation parisienne, qui a regroupé entre 10000 et 15000 personnes, montrait le maintien d’un haut niveau de mobilisation. En province, des initiatives syndicales significatives ont souvent eu lieu avec la participation de médecins hospitaliers. Partout, le pourcentage de grévistes, évidemment en baisse par rapport aux grandes journées de janvier de mars et au 28 avril, reste significatif.

L’exigence du retrait de la loi Bachelot, dans son intégralité, est massivement reprise. Parmi les médecins, si les plus proches du pouvoir s’estiment satisfaits des « concessions » de Nicolas Sarkozy, l’aile la plus progressiste du mouvement élargit sa critique à l’ensemble du projet de loi, et met désormais en cause le pilier de la contre-réforme, les agences régionales de santé (ARS).

Cette politisation s’opère au moment où arrivent les budgets des établissements, qui démontrent les mensonges de la ministre sur « l’accroissement » des personnels hospitaliers. Ainsi, à Paris, 705 suppressions de postes auront lieu à l’AP-HP. Dans tous les établissements « en déficit » (70%), les « plans de retour à l’équilibre » vont nécessiter des suppressions d’emplois, le personnel étant désormais la seule « variable d’ajustement ». Au niveau national, des milliers d’emplois hospitaliers seront de nouveau sacrifiés, alors que les conditions de travail sont insupportables et que la polyvalence se généralise.

Derrière l’opposition à la loi Bachelot, c’est un mouvement plus profond qui se développe, mettant en cause l’ensemble des contre-réformes libérales. Car l’onde de choc va au-delà de l’hôpital lui-même. Au cours des dernières semaines, la « réforme » de l’hôpital a cessé d’être perçue comme une question « technique », peu compréhensible, et ses enjeux politiques se sont clarifiés. Dans un contexte de crise sociale, l’hôpital est devenu, comme l’école, un « enjeu de société », et cela constitue déjà une défaite pour le pouvoir.

Cette onde de choc atteint également les sommets de l’Etat. Nicolas Sarkozy, François Fillon et sa ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, multiplient les déclarations pour assurer que le projet Bachelot ne sera plus modifié et qu’il doit être adopté au plus vite. Ils essayent de mettre fin à la confusion qui règne. Mais il n’est pas sûr qu’ils y parviennent.

Après avoir accepté, jeudi 14 mai, de revenir sur certains amendements proposés par sa commission, le Sénat en a rejeté d’autres, le lendemain, et le débat s’est enlisé. Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, demande une « deuxième lecture » par les députés si le texte est modifié de manière significative au Sénat… Un certain nombre des soutien de la loi Bachelot, comme la Fédération hospitalière de France (représentant les directions des hôpitaux publics) et son président socialiste, Claude Evin, et les associations d’usagers qui se sont fourvoyées dans cette galère, sentent le vent tourner et prennent leur distance.

La bataille contre la loi Bachelot continue donc, avec les mêmes difficultés que les autres mobilisations en cours (université, entreprises qui licencient…) en raison de l’absence d’une riposte forte et coordonnée face à un pouvoir déterminé à imposer sa politique par tous les moyens.

mardi 12 mai 2009

Interviews des têtes de liste NPA aux européennes













Afrique, le néocolonialisme sur la sélette...

L'ouverture d'une enquête contre les « biens mal acquis » des dictateurs africains est une première victoire contre le système néocolonial français.

La doyenne des juges d'instruction du pôle financier a accepté la plainte de l'ONG Transparency-International, élaborée par l'association de juristes Sherpa, pour recel de détournement de fonds publics, blanchiment, abus de bien social, abus de confiance et complicité contre trois dirigeants africains, Omar Bongo du Gabon, Denis Sassou-Nguesso du Congo Brazzaville et Teodoro Obiang de Guinée Équatoriale. Le groupe Total est implanté dans ces trois pays producteurs de pétrole.

Le parquet, qui représente les intérêts de l'Etat néocolonial, avait déjà classé sans suite deux plaintes, en 2007 et 2008, estimant que les enquêtes n'avaient pas permis « de mettre en évidence les infractions pénales » alors que le fils Nguema possède des Bugatti, des Ferrari et autres Rolls-Royce, que la famille Sassou Nguesso a un patrimoine de dix-huit biens immobiliers dans les quartiers chics de Paris et est titulaire d'une centaine de comptes bancaires et que Bongo, avec 70 comptes bancaires, est propriétaire d'au moins 33 biens immobiliers pour un traitement présidentiel de 15 000 euros par mois.

Aujourd'hui, le parquet s'oppose de nouveau à l'ouverture d'une information judiciaire avec le nouvel argument que les plaignants ne peuvent justifier d'un préjudice personnel dans ce dossier.

Cette troisième plainte s'attaque au cœur du système néocolonial français, mis en place par Jacques Foccart, initiateur pour le compte de De Gaulle de la « Françafrique », dans les années 1960, au moment de la vague de décolonisation des pays africains. Ce système s'appuie sur des dictatures dont le rôle est de conserver les prérogatives coloniales de Paris sur le plan économique, en faveur des entreprises françaises, diplomatique, en alignant leur vote à l'ONU sur celui de la France, et militaire, en permettant l'installation des troupes françaises.

En parallèle, ces dictateurs du pré carré africain de l'Elysée vont financer les grands partis politiques de gouvernement, de droite comme de gauche. La longévité politique de plus de quarante ans d'Omar Bongo lui a permis d'emmagasiner nombre de secrets peu reluisants de la Ve République, ce qui fait que chacun se tient. Contrairement aux engagements électoraux de Sarkozy, un tel système n'est pas prêt de changer et les ministres de la Coopération qui ont émis des réserves se sont retrouvés illico virés, comme Jean-Pierre Cot, en 1982, et plus récemment de Jean-Marie Bockel.

Cette bataille judiciaire est donc importante, car elle est un élément de plus dans la lutte contre le maintien de la domination française sur nombre de pays africains. Une domination qui autorise, avec la bénédiction de ces dictateurs, les multinationales françaises à faire des profits considérables en pillant les peuples africains.


Crise économique : pas de bout du tunnel....

Le monde s'enfonce dans la crise capitaliste sans que quiconque ne soit capable d'en estimer l'ampleur et la durée.

« Et si on s'en sortait ? Les chiffres qui font espérer » lisait-on récemment à la une du Point. En janvier, un regain de consommation de 1,7% avait déjà déclenché l'enthousiasme, avant d'être refroidi par une baisse de 2% le mois suivant. La moindre amélioration conjoncturelle donne lieu à des spéculations médiatiques sur une reprise prochaine. La profondeur de la récession ne fait pourtant que se confirmer.

Obama venait à peine de faire des déclarations sur les premiers « signes de progrès économique » que de nouvelles statistiques venaient démentir ses propos : recul des prix de détail et de la production industrielle, chute de 6,1% en rythme annuel du PIB au premier trimestre. Les bénéfices de quelques banques ne doivent pas faire oublier qu'aux Etats-Unis la solvabilité du système bancaire n'est toujours pas acquise. Les « tests de résistance » auxquels ont été soumises les banques américaines, montrent que la moitié d'entre elles auraient encore besoin de fonds malgré les renflouements.

Parce qu'elle rechigne encore à nationaliser au-delà de Citigroup, l'administration Obama a mis sur pied le « plan Geithner ». Mais il n'est pas du tout certain que cette usine à gaz, pouvant mobiliser jusqu'à 2000 milliards de dollars, permette de débarrasser les bilans des banques des actifs toxiques sans passer par leur nationalisation. Les pertes sur les titres émis depuis les Etats-Unis sont évaluées entre 2200 et 3600 milliards de dollars. Seulement 30 à 50% de ces pertes ont été déjà réalisées. Il reste donc beaucoup à écluser.

La dynamique de la crise repose sur son caractère planétaire. Or, le commerce mondial diminue plus vite que durant la crise de 1929. En Chine, le ralentissement de la croissance est certes moins sévère que prévu. Mais des pays comme le Japon (deuxième économie mondiale) ou l'Allemagne (première économie européenne) connaissent de très graves difficultés avec la chute de leurs exportations. Pour l'instant, il n'y a pas de modèle de rechange au sein du capitalisme mondial parce que ni les inégalités sociales ni l'endettement américain ne sont remis en cause. Des tensions vont apparaître entre les bourgeoisies nationales et se cristalliser autour du commerce et des taux de change. A terme, le système monétaire mondial pourrait se fragmenter, accroissant ainsi l'instabilité.

En Europe, les économies d'Irlande, d'Espagne, du Royaume-Uni et d'Allemagne sont plus durement touchées que la moyenne, chacune pour des raisons différentes. Quant aux nouveaux pays membres de l'UE, ils subissent la chute des investissements directs. Le pacte de stabilité et les actions de la Commission pour la « concurrence » ont certes été remisés au placard. Mais, comme au niveau mondial, l'ancien modèle disparaît sans qu'un nouveau apparaisse. Et comme partout, on tente de faire payer aux travailleurs la crise du système capitaliste.


Contre la loi Bachelot, pas touche à l'hôpital !

A l'heure où le gouvernement transforme l'hôpital en entreprise, la mobilisation est particulièrement importante.

Pour désamorcer et diviser l’opposition à la loi Bachelot, Nicolas Sarkozy a dû se résoudre à « manger son chapeau ». Après avoir proclamé à longueur de discours qu’il fallait « un chef, un seul, le directeur », il affirme désormais qu’il ne doit pas y avoir de « despote absolu », pas plus que d’hôpital-entreprise. La mobilisation hospitalière est passée par là ! Mais ne nous y trompons pas, ce recul verbal, tout comme les amendements adoptés par le Sénat, n’ont qu’un but : faire accepter sur le fond la loi Bachelot, en ne faisant que quelques concessions mineures, notamment pour préserver l’apparence du pouvoir médical.

Les « concessions » annoncées par Sarkozy, sur la « gouvernance » de l’hôpital ne concernent que les CHU, soit seulement quelques établissements. De plus, une partie des amendements proposés au Sénat aggrave le texte initial : c’est ainsi que les cliniques privées ne sont plus tenues de réaliser un certain nombre d’actes sans dépassement d’honoraires, et que les quelques mesures encadrant l’activité libérale disparaissent !

Mais, surtout, aucun amendement de fond ne vient modifier le rôle des agences régionales de santé (ARS), ces « pivots de la réforme », comme le souligne la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. La commission du Sénat propose seulement un changement… de nom ! Ces agences régionales de santé sont pourtant les « quartiers généraux » de la privatisation de l’hôpital, ainsi que de la Sécurité sociale. Les ARS décident des ouvertures, des fermetures et des regroupements de toutes les activités de soins, fixant par contrat leurs objectifs d’activité. Elles ont entre leurs mains l’ensemble des crédits et peuvent ainsi transférer activités et financements de l’hôpital public vers le secteur privé.

Retirer un peu de pouvoir au directeur de l’hôpital ne change pas grand-chose. Celui-ci n’est en effet qu’un exécutant entre les mains du vrai patron qu’est le directeur de l’ARS. Celui-ci fixe la rémunération du directeur d’hôpital et peut mettre fin à ses fonctions si les « objectifs » financiers et de gestion ne sont pas réalisés. Enfin, le transfert aux ARS d’une partie des activités et des personnels de la Sécurité sociale accélère le démantèlement de celle-ci et prépare sa privatisation.

La loi Bachelot est toujours là ! C'est pourquoi le succès de la grève et des manifestations organisées par onze organisations syndicales de personnels et de médecins hospitaliers rejoints par les personnels de la Sécurité sociale, le 14 mai, s'avérait nécessaire pour imposer le retrait de l’ensemble du texte.


Universités : converger

Après trois mois de lutte, la mobilisation reste forte dans les universités face aux contre-réformes du gouvernement.

Assemblées générales (AG), coordinations nationales, actions et manifestations se poursuivent dans les universités. Mais, ici comme ailleurs, la stratégie des directions syndicales pèse fortement. Si la journée de grève générale du 29 janvier a servi de déclencheur, il a fallu mobiliser toutes les énergies pour tenir dans la perspective du 19 mars. L’absence de suite rapide n'a pas aidé, même si les cortèges universitaires étaient bien présents le 1er mai. Les confédérations n’envisagent même pas de nouvel appel à la grève d’ici l’été. Il apparaît donc aujourd'hui que les salariés doivent construire un front de lutte large et que les étudiants et les salariés des universités doivent y travailler, à la mesure de leurs forces, puisque la seule mobilisation des universités ne suffit pas face à l'obstination du gouvernement, et que les confédérations ne serviront pas d'appui dans cette direction.

Depuis le début du mouvement des hospitaliers, tout est réuni pour parvenir à une convergence durable avec le mouvement universitaire, à l'image de ce qui s'était passé le 28 avril, à Paris, où les cortèges de la santé et des universités s'étaient rejoints (32000 personnes). Car c'est la même contre-réforme qui est imposée à ces deux secteurs : mise en concurrence des établissements, pouvoirs accrus du chef d’établissement (président de l’université ou directeur de l’hôpital), pressions plus fortes sur les personnels par des méthodes de management importées du privé (suppressions de postes, précarité, bas salaires). Tout cela pour réduire les moyens des services publics, mais surtout leur qualité, et pour justifier leur privatisation ou faire de la place au secteur privé.

Les traditions de lutte de nos secteurs sont différentes : les hospitaliers ont su se donner des syndicats forts, ce qui est loin d’être le cas dans l’enseignement supérieur. En revanche, l’expérience des mouvements étudiants a permis d’arriver rapidement à construire une coordination nationale des universités qui a réuni à chacune de ces dix sessions des centaines de délégués représentant plus de 70 établissements. Cette coordination a pris l’initiative d’appeler à rejoindre la manifestation des hospitaliers du jeudi 14 mai. Depuis, l’intersyndicale a repris cet appel. Cela devait donc être la seconde manifestation commune.

Mais, pour faire reculer le gouvernement, il faudra plus que des manifestations communes. Il faut construire une solidarité concrète dans les établissements. Cela passe par des interventions des hospitaliers dans les assemblées des universités et réciproquement. Mais aussi par des assemblées générales communes pour les établissements proches. Celles-ci peuvent devenir des embryons de coordination interprofessionnelle, en s’ouvrant aux salariés de l’énergie et de l’automobile actuellement en lutte. En prolongeant localement la journée interprofessionnelle du 19 mars, les salariés mobilisés au Havre ont montré qu’il était possible de construire la mobilisation à la base, sans attendre les confédérations. Toute victoire significative devra passer par l'extension d'expériences de ce type.

La commission « Université-recherche » du NPA


mardi 5 mai 2009

Communiqué du NPA. Une suite pas à la hauteur !












Après le succès des grèves et manifestations des 29 janvier et 19 mars, les manifestations du 1er mai ont été nombreuses et réussies. Mais, elles ont aussi montré qu'il était temps de passer à la vitesse supérieure.

Après trois journées de mobilisation, il est donc vain comme le fait l'intersyndicale « d'appeler solennellement le gouvernement et le patronat à prendre en compte l'ampleur de ces rassemblements ». S'ils ne veulent pas entendre, c'est qu'il faut leur dire plus fort.

Dans ces conditions, la réunion des directions syndicales du 5 mai était attendue. Or, celles-ci appellent à faire du « 26 mai 2009 une journée de mobilisations décentralisées dans des modalités diverses en fonction des réalités locales », ainsi qu'à une journée de manifestations le samdi 13 juin, c'est-à-dire sans appeler clairement au minimum à la grève.

Ce n'est pas vraiment à la hauteur de la riposte à organiser. Le monde du travail a largement fait la démonstration qu'il n'était pas résigné.

Reste à amplifier cette mobilisation en lui proposant des objectifs précis, comme l'interdiction des licenciements, l'augmentation générale des salaires, des retraites et des minimas sociaux de 300 euros net en prenant sur les profits.

Face aux plans de licenciements qui se succèdent à un rythme jamais vu, coordonner l'ensemble des salariés qui se battent isolément est une tâche urgente.

Une marche nationale sur Paris des salariés touché par ces plans anti-sociaux rencontrerait à nos yeux un écho important parmi la population.

Face à l'arrogance des Sarkozy et Parisot, le temps n'est pas à la dispersion ni à faire baisser la pression dans des journées d'actions éloignées les une des autres. C'est une grève générale qu'il faut préparer.

Le 5 mai 2009.


lundi 4 mai 2009

Manifs du 1er mai : un succès qui doit favoriser une suite rapide...

















Les manifestations du 1er mai 2009 ont été une grande réussite. Si l'on excepte la vague de manifs antifacsistes énormes de l'entre deux tours de la présidentienlle en 2002, on avait pas vu ça depuis longtemps.

Le gouvernement, par la voie de Roger Karoutchi, s'est empréssé de minimiser la portée de cette journée, insistant sur le fait qu'il y avait moins de monde dans la rue que le 19 mars. Malgré ces rodomontades, le gouvernement sait bien que comparer le 1er mai au 19 mars est une entourloupe. Il sait très bien que le 1er mai (jour chômé) est par définition peu favorable aux déplacements pour amener les manifestants en raison de l'absence totale de transports en commun. Il sait très bien que le 1er mai tombait cette année un vendredi, offrant un pont de trois jours. Le gouvernement sait très bien qu'un tiers du territoire était en fin de vacances de printemps. Et il sait aussi que la réussite de ce premier mai est un révélateur supplémentaire de la colère populaire contre les licenciements, l'exploitation, la vie chère.

Reste que pour bloquer les attaques antisociales, pour imposer au gouvernement et aux patrons des mesures favorables aux salarié-e-s, à la jeunesse, il va falloir pousser plus fort encore. Les dirigeants des principales centrales syndicales doivent se réunir lundi. Nous souhaitons que le front unitaire se maintienne et qu'il durcisse le ton, en appelant à généraliser les luttes, les grèves, en donnant de nouveaux rendez vous qui favorisent la mobilisation, construisent le rapport de forces.

Nous avons aussi proposé l'organisation d'une marche unitaire pour l'interdiction des licenciements. Nous ne voulons pas en faire un gadget. Ni une opération d'autopromotion. C'est une proposition sérieuse que nous soumettons en tant que force partie prenante à part entière du mouvement social. Ce sont d'abord les salarié-e-s des boites concernées qui ont la légitimité pour en donner une traduction concrète.

Nous savons que partis et syndicats n'ont pas la même fonction. Mais nous refusons que la coupure entre les deux soit aussi nette. Le NPA assume avec fierté le rôle qu'il joue dans les entreprises, les universités avec de plus en plus d'éfficacité. La victoire la plus éclatante a été obtenue par le LKP en Guadeloupe, un front très large, incluant des formations politiques et affichant une radicalité revendicative qui n'a fait peur qu'au gouvernement.

Le NPA a beaucoup servi de "cible à fléchettes" ces derniers jours. Quand les coups qui pleuvent contre nous viennent de nos vrais adversaires, la droite ou le grand patronat, elles nous paraissent.logiques. Quand cela vient des Mailly, Thibaut ou Chérèque, ça nous laisse pantois. N'ont ils rien d'autre à faire alors que chaque jour qui passe 3000 travailleurs sont licenciés ?

Ceci dit, toutes ces critiques sont aussi le signe que les idées défendues par le NPA progressent. Comme progresse son implantation, sa présence militante.. Dans tous les cortèges en France, des plus petites aux plus grandes villes, c'etait visible à l'oeil nu et la presse l'a souvent noté.





Oui, la situation exigerait la grève générale

Paru dans Convergences révolutionnaires, le 30 avril 2009

La situation sociale se durcit. Aux annonces de licenciements immédiats ou fermetures plus ou moins proches (la plus récente, à l’heure où nous écrivons, mais non la dernière, étant celle du site de production de puces électroniques de Freescale de Toulouse – près d’un millier de salariés touchés), des travailleurs ripostent du tac au tac : Caterpillar, Continental, Toyota, Lear, Molex, et bien d’autres. La liste est très longue, en fait.

La colère ne s’exprime pas par les seules « séquestrations » qui imposent à des gradés du patronat quelques heures sup’ de plus sur site. Elle tente aussi d’autres voies, cherche le contact avec ceux d’autres entreprises soumis aux mêmes diktats du fric. À l’état encore embryonnaire, apparaît l’exigence de se retrouver ensemble. Un certain nombre de travailleurs en lutte récemment, qu’il s’agisse des postiers du 92, des cheminots des ateliers du Technicentre de Paris-Rive-Gauche, des ouvriers de chez Lear qui fabriquent des sièges automobiles pour Citroën Aulnay (quelques exemples dont nos camarades impliqués relatent les luttes dans ce numéro de Convergences Révolutionnaires ), des électriciens et gaziers, des travailleurs de Continental-Clairoix, de Toyota et bien d’autres, ont tenté des sorties « hors les murs ». Souvent à l’initiative de militants d’extrême gauche (qui n’en déplaise à Chérèque ne sont pas qu’à la porte des entreprises et des syndicats !).

Ces sorties sont de sérieux jalons pour l’offensive à mener. Les directions syndicales ne veulent surtout pas de la grève générale, qui serait pourtant la seule riposte face à l’offensive générale du patronat et de l’Etat contre les travailleurs. Les Thibault et autres Chérèque se sont empressés de déclarer au plus fort de la grève générale de la Guadeloupe et la Martinique qu’il ne fallait surtout pas s’en inspirer ici, en France métropolitaine. Qu’à cela ne tienne, les travailleurs, eux, à commencer évidemment par ceux qui se mettent en lutte, peuvent généraliser leurs grèves ! Mutualiser et délocaliser leurs luttes ! Du moins le tenter, agir dans ce sens chaque fois qu’un conflit éclate. C’est précisément ce qui bourgeonne dans ce printemps de crise. Chaque conflit local pourrait bien devenir une « grève marchante » comme on dit en Guadeloupe, et attiser la contagion au sein de l’Hexagone, voire au-delà, tant il est vrai que désormais chaque trust qui annonce un plan calamiteux s’en prend simultanément aux travailleurs de différents pays. Et il faut tirer un grand coup de chapeau aux travailleurs de Continental (Clairoix) pour avoir fait le déplacement à des centaines en Allemagne, à Hanovre siège du trust mais aussi lieu où des licenciements sont programmés, pour trouver l’accueil chaleureux et combatif de camarades d’Allemagne.

Ce que Chérèque, Thibault et Aschiéri ne veulent pas, à savoir préparer la riposte générale du monde du travail, des travailleurs frappés par la crise s’y emploient déjà eux-mêmes. C’est la seule voie. La seule réaliste. Celle d’ailleurs que craignent avant tout les caciques du patronat et les tenants du pouvoir qui, tels l’ex premier ministre Dominique de Villepin, redoutent « un risque révolutionnaire en France ». Aux travailleurs, aux militants, d’être à la hauteur de leurs craintes.

Oui, mille colères s’expriment. Reste à ce qu’elles ne restent pas atomisées et se transforment en une seule grande explosion, celle qui ridiculisera les décisions des tribunaux, les rodomontades de Sarkozy, les fausses propositions patronales. Celle qui permettra enfin que ce soit les travailleurs qui décident de leur sort, et pas le CAC 40.

26 avril 2009

Retrait du projet de loi Bachelot ! Nouvelle journée de mobilisation le 14 mai












Pour être soigné à l'hôpital, faudra-t-il demain être un « malade rentable »? Si le projet de loi Bachelot, débattu à partir du 11 mai au Sénat, est voté, la réponse sera affirmative. En donnant les pleins pouvoirs au directeur, il complète la mise en place de l'hôpital entreprise.

C'est ce que dénoncent, dans un appel, 25 des professeurs les plus connus de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP). Ils affirment que « la pensée marchande dont se prévaut cette loi réduit le qualitatif au quantitatif, le malade au tarif de sa maladie. Dans le même temps, on organise des suppressions massives et injustifiées d'emplois, d'infirmières et d'aides-soignantes. »

L'écho médiatique et politique de cet appel vient renforcer la mobilisation montante des personnels hospitaliers et des comités de défense des hôpitaux publics. Il préoccupe le gouvernement, qui reste toutefois déterminé à imposer une de ses « réformes » phare.

Au lendemain de la journée du 28 avril, il s'agit de passer à la vitesse supérieure pour imposer le retrait du projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires », projet cohérent de privatisation de l'hôpital.

Outre la gestion d'entreprise, dénoncée par l'appel des 25, le projet gouvernemental prévoit la création d'agences régionales de santé, « clé de voûte de la réforme », selon Roselyne Bachelot. Celles-ci permettront le transfert des activités et des financements de l'hôpital public, vers les secteurs privé lucratif (cliniques privées), libéral (maisons médicales) ou médico-social (gériatrie, psychiatrie).

Le projet Bachelot vise également à accélérer les fermetures d'hôpitaux de proximité (250 directement menacés) et la suppression massive d'emplois hospitaliers, par la création de « communautés hospitalières de territoire ». C'est l'ensemble du projet qui doit être retiré. Pour cela, la grève de l'ensemble des personnels hospitaliers, la mobilisation des usagers dans la perspective d'une grande manifestation pour la défense de l'hôpital public est à l'ordre du jour. Il n'y a pas une minute à perdre.

L'intersyndicale des personnels et des médecins a décidé d'une nouvelle journée nationale de mobilisation le 14 mai, au moment de la discussion au Sénat. Avec la volonté d'élargir la mobilisation, elle propose une réunion commune avec le Mouvement de Défence de l'Hôpital Public dans l'objectif "de décider ensemble des modalités d'action de cette journée de mobilisation nationale."


Délégation du NPA en Palestine

EDF GDF : étendre la grève !








La grève des agents des réseaux de distribution ERDF/GRDF se poursuit. Nous avons rencontré Patrice Perichou, militant syndical CGT EDF/GDF de Paris.

En quoi le mouvement à ERDF/GRDF est-il inédit ?

La lutte chez nous est partie suite à la victoire des méthaniers. Tout de suite, les AG ont dépassé les fédérations et ont entraîné les syndicats dans l'action. Les salariés, en particulier les plus jeunes, ont voulu des formes d'action visibles et fortes. Les AG ont donc décidé de procéder à des coupures de gaz, ce qui ne s'était pas vu depuis 40 ans. Elles ont également organisé des coupures ciblées d'électricité. Ensuite, ce qui a prévalu, ce sont les mises en heures creuses, c'est-à-dire au tarif réduit. Dans certains endroits, les hôpitaux ont été déconnectés du point de vue tarifaire pendant une journée, ce qui veut dire que ces services publics n'ont pas payé d'énergie.

Les grévistes et leurs sections syndicales ont mis en place des piquets de grève avec blocage et parfois occupation des locaux. Sur la région parisienne, des AG se sont tenues par services, pour se regrouper ensuite en AG centrales. Ce sont les AG centrales qui ont décidé des actions à mener.

Où en sont les négociations ?

Les directions ont été surprises par la nature et l'ampleur du mouvement. Après avoir fait semblant de négocier, elles ont joué le pourrissement en tentant d'isoler les grévistes pour mieux les réprimer. On est passé des menaces aux sanctions lourdes, au matraquage par les flics devant le siège social de la boîte puis à la rafle de 100 grévistes, à la mairie de Paris, à la demande de celle-ci. Les militants les plus en vue ont subi une surveillance permanente des RG.

Nous demandons 300 euros d'augmentation - ou deux niveaux de rémunération, soit 5% -, l'arrêt de l'externalisation de nos activités ainsi qu'un plan d'embauche massif.

Aujourd'hui, les avancées sont minimes. Le danger de ces négociations est qu'elles se font entité par entité, au niveau de la branche mais également au niveau des filiales d'EDF-GDF, des entreprises, et parfois au sein des grandes directions comme la production. Alors qu'il s'agit de traiter de revendications communes. Les directions font du saucissonnage pour diviser en fonction des rapports de force. Les fédérations n'ont pas l'air de le comprendre.

Tout cela pose la question de la démocratie du mouvement et du contrôle des négociations par les salariés en lutte. Dans un secteur hypercentralisé, la tradition syndicale est elle-même hypercentralisée. C'est au personnel en lutte de décider et de voter sur la réponse à apporter aux propositions des directions.

Comment sortir vainqueur de cette lutte ?

Dans un contexte général de développement des luttes et de radicalisation, que nous sentons fortement dans nos établissements, la solution n'est pas de rogner sur nos revendications, comme l'interfédérale (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC) est tentée de le faire, mais d'étendre la grève, en particulier au RTE (transport électrique) et à la production. Les fédérations ne jouent pas le rôle moteur qu'elles devraient jouer et se contentent d'épouser le mouvement.

Quels sont les premiers enseignements de la grève ?

Celles et ceux qui sont partis dans la bagarre, en particulier les jeunes, l'ont fait en s'affranchissant des logiques des appareils fédéraux. Ils sont partis en grève sans attendre d'ordres venus d'en haut, en sortant de la logique des grèves de 24 h sans lendemain et en cherchant l'efficacité. Ces pratiques-là vont rester.

Propos recueillis par notre correspondant.