jeudi 25 juin 2009
Sécurité sociale : nouvelle attaque
Le 16 juin, le ministre du Travail, Brice Hortefeux, relançait le débat sur l’âge légal du départ en retraite et préconisait son relèvement à 67 ans, à l’image d’autres pays européens. Il recevait immédiatement le soutien de François Fillon et de la présidente du Medef, Laurence Parisot.
Alors que la France compte plus de 10% de chômeurs, il faudrait imposer à ceux qui ont un emploi de continuer à s’épuiser au travail. Ils devraient continuer à occuper leur poste, alors que se multiplient les vagues de licenciements et de suppressions de postes pour des salariés de moins de 60 ans et que des millions de jeunes sont à la recherche d’un emploi.
Le 17 juin, la publication des prévisions pour 2009 des comptes de la Sécurité sociale enfonçait le clou. La commission des comptes de cet organisme annonce un doublement du « trou » de la Sécu cette année. Celui-ci passerait de 10 à 20 milliards d’euros toutes branches confondues (retraites, maladie, accidents de travail, famille), un niveau jamais atteint depuis 1945. Le ministre des Finances, Eric Woerth, en a lui même précisé les causes: « La multiplication par deux du déficit, c’est tout simplement la division par deux du volume des recettes, c’est parce que l’argent ne rentre pas, ce n’est pas parce que les dépenses progresseraient de manière incontrôlée. » C’est faute de rentrées suffisantes des cotisations sociales – cette part du salaire mise en commun pour financer les retraites, la soins ou les allocations familiales – que la Sécurité sociale est en « déficit ». Ce manque de recettes n’a rien de mystérieux : il s’appelle « plans de licenciements », « suppressions d’emplois dans la fonction publique », « blocage des salaires », et généralisation de l’emploi précaire accompagnée d’exonérations de cotisations sociales pour les employeurs (près de 31 milliards d’euros en 2009).
100000 suppressions d’emplois, c’est près de 1 milliard d’euros en moins pour la Sécu; une augmentation de 1% des salaires, ce sont 3 milliards d'euros de cotisations sociales en plus ! Pourtant, le ministre exclut d’avance toute idée de remise à niveau des cotisations .Pour la maladie, comme pour les retraites, ce gouvernement n’envisage qu’une chose : s’en prendre encore plus aux salariés, afin de diminuer les dépenses, dans l’attente de la « reprise » !
Deux mesures sont préconisées : le durcissement des contrôles et des sanctions pour les arrêts de travail jugés « abusifs », et un contrôle plus strict des transports sanitaires prescrits par les hôpitaux. Ces mesures, censées rapporter quelques millions d’euros là où on nous parle d’un « déficit » de 20 milliards d’euros, sont financièrement dérisoires. Mais elles annoncent de nouvelles ponctions et de nouvelles sanctions contre les salariés malades.
Une mesure expérimentée dans quelques départements risque d'être généralisée : les salariés dont les arrêts de travail sont jugés « abusifs » par un médecin envoyé par l’employeur pourraient voir supprimées leurs indemnités journalières de Sécurité sociale ! C’est la porte ouverte à la remise au travail systématique par des « médecins Medef » des salariés malades, alors même que la pression du chômage et des employeurs dissuade de nombreux salariés de se soigner comme ils le devraient.
L’autre « piste » de diminution des dépenses concernerait les prescriptions de transports sanitaires par les hôpitaux dont le volume augmente. Sur ce point, Eric Woerth, n’aura aucune difficulté à trouver les coupables, puisqu’ils siègent avec eux chaque semaine en Conseil des ministres. En fermant les hôpitaux de proximité, en regroupant les moyens sur des « plateaux techniques » éloignés, ils ont créé les conditions d’une explosion des dépenses de transport. La loi Bachelot va encore aggraver cette situation.
Ces annonces révèlent l’urgence et la cohérence d’une réponse anticapitaliste. En interdisant les licenciements, en diminuant le temps de travail pour favoriser les embauches, en augmentant les salaires de 300 euros pour tous, on assurerait en même temps la rentrée de cotisations sociales permettant de garantir à tous une retraite à taux plein à 60 ans, des soins financés à 100% par l’assurance maladie. Mais, à l’opposé des réponses gouvernementales, il faudrait pour cela s’en prendre aux profits et imposer une autre répartition des richesses.
Communiqué du NPA Essonne : Dernière d' Valls à Evry
Suite au propos flirtant avec le racisme de Manuel Valls sur Direct 8 ( « Belle image de la ville d'Evry... Tu me rajoutes quelques blancs, quelques whites, quelques blancos »), des militants du NPA Essonne ont distribué un tract lors de la fête de la musique à Evry.
Il dénonçait une attitude discriminatoire à l'égard de certains groupes ethniques et appelait à un rassemblement de protestation le 25 Juin à 20H00, place des droits de l'homme, devant la Mairie d'Evry, au même moment que le conseil municipal.
Dans un premier temps, ce dimanche 21 juin, certains policiers municipaux un peu trop zélés ont essayé de nous arracher nos tracts mais bien vite rappelés à l'ordre, ils se sont « contentés » de les arracher de la main des personnes qui se rendaient sur le lieu des concerts.
La liberté semble avoir pris une tonalité toute particulière dans la ville d'Evry, dont Manuel Valls est député-maire.
Celui-ci nous a ensuite rendu visite et après avoir pris connaissance du contenu de notre tract, il s'est défoulé en nous insultant copieusement, nous traitant de « petits cons », de « petits connards » et de « poisseux » avant de repartir, apparemment très énervé.
Plus tard, d'autres personnes sont venues condamner les propos de Manuel Valls, en se revendiquant « citoyens de la république » et parmi eux, certains militants P.S. d'Evry. Peut-être est-ce pour cela qu'ils ont reçu un accueil plus musclé encore que celui qui nous a été réservé ?
Après que les policiers municipaux les aient obligé à replier leur banderole où était inscrit « Nous sommes tous des blancos », ce sont des proches de Manuel Valls qui sont venus provoquer de façon très agressive ceux qui essayaient jusque là de revendiquer calmement leur droit à l'expression. Intimidations et provocations de tout ordre ont été proférées par la « garde rapprochée » du Maire On reprocha même à quelqu'un d'oser émettre une opinion contraire à celle de Manuel Valls, son prétendu "bienfaiteur", qui aurait aidé à sa régularisation.
Est-ce donc là, la façon dont le Maire d'Evry conçoit le droit d'expression ?
Ces provocations avaient pour but d'obtenir une réaction violente de la part des manifestants permettant sans doute ainsi l'intervention de la Police Nationale, flashballs et matraques à la main, et de la brigade anti-criminalité qui étaient arrivées entre temps sur les lieux.
Les manifestants ne sont pas rentrés dans le jeu des provocateurs et c'est bredouille que les policiers se sont finalement éloignés.
Pendant quelques instants, Evry est devenue une zone de non droit où la liberté d'expression a été bafouée, parce que Manuel Valls ne souhaite pas qu'une réaction à ses propos d’inspiration raciste puisse être entendue dans « sa ville ».
Ces faits ne font que renforcer notre volonté de faire entendre nos voix et combattre la ségrégation ethnique produit des politiques antisociales conduites par une classe politique toute occupée à sauver le capitalisme et à préparer la présidentielle de 2012.
Les comités NPA de l'Essonne en appellent donc à tous ceux qui ne peuvent accepter que de telles paroles puissent être proférées impunément et à tous ceux qui ne peuvent accepter que la liberté d'expression soit ainsi mise à mal.
Soyons NOMBREUX pour dire Non à Manuel Valls et à ces méthodes douteuses.
Rendez-Vous face à la Mairie d'Evry, place des droits de l'homme le 25 Juin à 20H (RER D Evry-Courcouronnes).
Droit du travail : d'une pierre deux coups...
La proposition de loi du député UMP Jean-Frédéric Poisson a été adoptée par l’Assemblée nationale, le 9 juin. Elle attaque gravement le droit du travail sur le prêt de main-d’œuvre et le temps partiel.
La proposition de loi adoptée discrètement par l'Assemblée nationale doit être examinée par le Sénat en septembre. En principe, le prêt de main-d’œuvre entre employeurs est une pratique interdite. Mais les exceptions se sont multipliées et elle a été autorisée pour les entreprises de travail temporaire (1972), les entreprises de travail à temps partagé (loi du 2 août 2005) et le portage salarial (loi du 25 juin 2008). Cette pratique consiste, pour une entreprise qui n’a plus de travail, à prêter temporairement des salariés à une autre entreprise, sans rompre le contrat de travail. Mais elle ne peut le faire dans un « but lucratif », c’est-à-dire en gagnant de l’argent par cette opération.
Aujourd’hui, la nouvelle loi réduit la notion du but lucratif à la notion de réalisation d’un bénéfice. Cet élargissement cherche à modifier la position de la Cour de cassation, qui avait une définition du but lucratif beaucoup plus large. Ce nouveau dispositif, censé éviter des licenciements, constitue une menace supplémentaire pour les salariés d’entreprises en difficulté. Malgré le principe du volontariat, pour prolonger un peu son contrat de travail, le salarié sera contraint d’accepter n’importe quel poste précaire hors de son entreprise, à n’importe quelles conditions, dans n’importe quelle région.
Les patrons, y compris ceux des grandes entreprises, vont maintenant pouvoir organiser une immense flexibilité, en transférant leur main-d’œuvre sur tout le territoire. La nouvelle loi légalise également la conclusion d’un avenant temporaire au contrat de travail à temps partiel faisant travailler le salarié à temps plein pour une petite période. Ainsi, un commerce, situé en zone touristique, pourra conclure un contrat à durée déterminée d’avril à octobre avec vingt heures de travail hebdomadaire, puis, 35 heures du 1er juillet au 31 août et, de nouveau, vingt heures hebdomadaires à partir de septembre.
Les patrons vont donc ajuster leur personnel à la demande, sans payer les heures avec les majorations des heures complémentaires. Auparavant, les tribunaux sanctionnaient systématiquement cette pratique par une requalification automatique du contrat de travail à temps partiel en contrat de travail à temps plein sur l’ensemble de la durée du contrat. Rassurez-vous, très chers chefs d’entreprise, le législateur veille sur vous. Inquiétez-vous, très chers législateurs, nous aussi on veille et l’on réagit…
La riposte des salariés de RFI contre l’Etat licencieur

Les travailleurs de RFI sont entrés mardi dans leur sixième semaine de grève. Ils luttent non seulement contre un plan de restructuration qui prévoit 206 licenciements (sur le millier de salariés que compte RFI) mais surtout contre le démantèlement à brève échéance de leur station – avec notamment la fermeture de six rédactions de langues étrangères.
Il s’agit du mouvement le plus long dans l’audiovisuel depuis 1968, ce qui suffit à marquer son caractère historique.
La combativité des salariés de RFI n’a d’égale que l’arrogance d’une direction qui s’appuie sur des arguments financiers dont l’intersyndicale FO, SNJ, SNJ-CGT et SNRT-CGT de RFI (majoritaire au comité d’entreprise) a montré qu’ils ne valaient rien – ce qu’un cabinet d’experts-comptables, missionné par le CE, a d’ailleurs confirmé.
Malgré une grève qui bloque jusqu’à 85% de l’antenne, la direction refuse toujours de négocier sur les revendications portées par le mouvement de grève. Cette intransigeance va jusqu’au refus de la nomination d’un médiateur, réclamée depuis 4 semaines par les salariés de RFI. Les travailleurs de RFI ont pourtant raison de rappeler qu’ici comme ailleurs c’est l’Etat qui licencie, ce même Etat qui donne des milliards aux banques et aux multinationales (de l’automobile par exemple), et prétend que les caisses sont vides dès lors qu’il s’agit des services publics, des emplois et des salaires.
Ce plan de licenciements à RFI s’inscrit dans l’ensemble des attaques dont est victime le service public d’information (et plus largement l’ensemble des services publics, de la Poste à la santé en passant par l’Education nationale). Rappelons simplement que France Télévision vient d’annoncer 900 licenciements étalés sur 3 ans, que l’UMP fait planer depuis près de 2 ans la menace d’une privatisation de l’Agence France-Presse (AFP), et que le président de la République a – depuis mars 2009 – la possibilité de nommer directement le président de France Télévision et de Radio France.
Enfin, cette attaque en règle contre RFI a beaucoup à voir avec la création de la holding Audiovisuel Extérieur de la France (AEF), dans le cadre de la loi de « modernisation de l’audiovisuel public », dont RFI est l’une des principales filiales avec France 24 et TV5 Monde. Christine Ockrent a été nommée directrice générale de l’AEF en février 2009, la tutelle étant assurée par son mari, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères. Les syndicats de journalistes et les salariés de RFI avaient protesté à juste titre contre ce mélange des genres.
Le NPA s’élève contre toute ingérence et toute reprise en main de RFI par l’Etat français, ce que l’ampleur du traitement accordé à la mort d’Omar Bongo laisse craindre. Comme le note l’intersyndicale, « après avoir refusé pendant des décennies d’être la voix de la France, acceptons-nous d’être aujourd’hui la voix de la Françafrique ? Qu’avons-nous enterré ce mardi ? Omar Bongo ou l’ambition d’une radio généraliste et universaliste qui parle au monde de la France et du monde ? ».
La résistance exemplaire des salariés de RFI, qui ont manifesté mardi 16 juin en direction de l’Elysée avec d’autres salariés de l’audiovisuel public, est donc une très bonne nouvelle et le NPA les soutient pleinement dans leur lutte.
Avec la population et les travailleurs d’Iran !

Depuis le 13 juin, au lendemain de l’élection présidentielle truquée, des millions d’Iraniens descendent dans la rue aux cris de « A bas la dictature ».
La répression féroce a déjà fait des dizaines si ce n’est des centaines de morts. Les jeunes, les femmes, les habitants des quartiers populaires qui forment le gros des manifestants sont maintenant rejoints par le mouvement syndical.
L’Union des travailleurs des autobus a déclaré sa solidarité, en affirmant : « tant que le principe de la liberté d’organisation et d’élection ne sera pas appliqué, tout discours sur la libération sociale et les droits des travailleurs ne sera qu’une farce ». Les ouvriers d’Iran Khodro, premier constructeur automobile du pays (60.000 salariés), ont engagé un mouvement de grève en ajoutant aux revendications de la rue l’augmentation des salaires et le droit de grève.
Pour les libertés démocratiques et les revendications du monde du travail
L’aspiration de la société à lever la chape de plomb étouffante du régime des mollahs et à en finir avec la répression quotidienne contre la jeunesse et les femmes qui luttent pour leurs droits, se mêle de plus en plus aux revendications propres des travailleurs qui, en Iran aussi, refusent de faire les frais de la crise. L’idée de la grève générale se répand, les possédants et les profiteurs commencent à redouter le spectre d’une nouvelle révolution.
La démagogie criminelle d’Ahmadinejad et de son tuteur, le « guide suprême » Khamenei, qui prétendent représenter les « déshérités » en s’opposant à l’impérialisme des puissances occidentales, ne doit pas faire illusion. Mais Moussavi, le « réformateur », n’est pas beaucoup plus fréquentable. Il avait été le premier ministre de la République islamique entre 1981 et 1989, à l’époque où des dizaines de milliers d’opposants, en particulier militants ouvriers et de gauche, des droits des femmes et des minorités nationales, avaient été massacrés dans les geôles du régime.
Face aux difficultés économiques croissantes, la corruption et le népotisme sont devenus de plus en plus insupportables, ce qui a exacerbé la concurrence entre les clans rivaux du régime, jusqu’à ouvrir une crise au sommet de l’Etat. Les travailleurs et le peuple se sont engouffrés dans la brèche. Et même une élection non démocratique a alors échappé à tout contrôle.
Leur lutte est la nôtre !
C’est aux femmes, aux travailleurs et à la jeunesse, à tous les manifestants qui défient la répression en n’hésitant pas à risquer leurs vies, que va tout notre soutien.
Le 26 juin, dans le cadre de la journée internationale de solidarité avec les ouvriers d’Iran, les organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, UNSA, Solidaires) participeront à un rassemblement devant l’ambassade iranienne à Paris (12 h 30), pour exiger notamment la libération des travailleurs emprisonnés pour avoir manifesté le Premier Mai à Téhéran.
Le NPA, qui soutient naturellement ce rassemblement, appelle à développer dans les entreprises, ville et quartiers le maximum d’initiatives en solidarité avec la lutte du peuple iranien, pour le renversement de la dictature, pour la liberté et les droits des travailleurs.
Le 22 juin 2009.
